C’est quoi une artothèque ?

L d’illusion a travaillé avec l’artothèque L’Inventaire d’Helemmes autour du projet « Mon exposition ». Pour ce projet, la médiatrice a élaboré le dossier pédagogique « Carte blance à l’artothèque l’Inventaire ». Voici un extrait présentant la notion d’artothèque.

  • Artothèque définition

Etymologiquement proche de bibliothèque, Thêkê signifiant « coffre, lieu de dépôt », tout comme elle, l’artothèque est à la fois une collection, un lieu de stockage de l’art, mais aussi un organisme pratiquant le prêt d’œuvres. L’idée est d’intégrer l’art dans la vie quotidienne, dans la sphère privée (dans son domicile), professionnelle (au sein de son entreprise) ou dans le quotidien (restaurants). En s’inscrivant dans une artothèque, tout usager peut emprunter une œuvre pour une durée limitée dans le temps, l’amener chez lui et l’exposer dans son salon, avant de la ramener et d’en prendre une autre. Cette volonté d’amener l’art hors les murs permet un rapport direct aux œuvres, une sensibilisation et une désacralisation de l’art contemporain.

En France, il existe plus d’une cinquantaine artothèques. Elles peuvent être de statut privé ou public. La plupart sont rattachées aux musées de Beaux-arts ou dans les bibliothèques municipales. Telles qu’on les connaît aujourd’hui, elles ont pour mission la diffusion et l’animation dans le domaine de l’art contemporain, l’aide à la création artistique en soutenant les artistes et en leur donnant de la visibilité avec une forte politique d’acquisition annuelle. Même si aujourd’hui les artothèques restent encore peu connues du grand public, leur existence date du début du XXe siècle dans le nord de l’Europe.

  • Un bref historique

Leur apparition est due à l’impulsion d’artistes Berlinois au XXe siècle. Il s’agissait dès lors de « galerie de prêt d’œuvres ».Leur objectif était de relancer le marché de l’art, en rendant accessible à tous leurs œuvres et susciter ainsi l’envie d’acquérir une pièce originale. C’est en 1906 que l’artiste Arthur Segal met en place un système de location d’œuvres pour les particuliers. Au-delà des enjeux économiques, la proximité et la formation du regard étaient la clé de voûte de ces « galerie de prêt » ou encore appelées « graphothèque ». Elles se sont développées en Allemagne entre les-deux guerres, puis dans les années 60 et 70 aux Pays-Bas et au Danemark. En France, ces structures trouveront un écho dans la politique culturelle menée par André Malraux avec notamment la création des Maisons de la culture.

Ministre du nouveau ministère des affaires culturelle en 1959, il mène une politique de décentralisation, qui s’exprime par une volonté de rendre accessible la culture au plus grand nombre sur l’ensemble du territoire. Il veut réduire l’écart entre le public et un art essentiellement élitiste et parisien. Se crée ainsi la première artothèque au sein du musée des Beaux-arts du Havre en 1961 avec son directeur Reynold Arnould. Cette galerie de prêt aura une durée vie assez courte, puisqu’elle fermera en 1965 avec le départ de son directeur.

La création de Maisons de la culture favorise le développement des artothèques. Ces nouvelles structures permettent une confrontation directe avec toutes les formes artistiques grâce à leur polyvalence culturelle. En 1968, dans la nouvelle maison de la culture de Grenoble « Le Cargo » s’inaugure une artothèque constituée de prêts d’œuvres des artistes. Par leur caractère unique et original, la mobilité des œuvres est assez difficile et lourde en administration. Elle restera active jusqu’en 1982.

En 1976 dans la même ville s’ouvre une autre artothèque dans la bibliothèque Gran’Place. Forte de l’expérience de la première, seules des œuvres multiples sont proposées au prêt, elles ne sont plus déposées par les artistes mais achetées par la bibliothèque avec un budget autonome et régulier.

Le nouvel élan sera donné par la politique culturelle de Jack Lang dans les années 80, qui renforcera la décentralisation et le soutient à l’art contemporain. Les missions des politiques culturelles se retrouvent dans celles des artothèques. Entre 1982 et 1986, l’état incite à la création d’artothèques : une subvention de 200 000 francs leur est allouée en signant une convention avec le CNAP (Centre national des arts plastiques). En contrepartie, elles s’engagent à assurer une fonction de galerie, à avoir un responsable et à consacrer un budget annuel aux acquisitions. Les œuvres de sa collection doivent être multiples (principalement des estampes ou des photographies), réalisées par des artistes référencées au CNAP. Mais ces aides ne se pérennisent pas et ne sont pas renouvelables non plus. En 1986, la délégation aux arts plastiques réoriente ses objectifs et se dessaisie du dossier artothèque.

Au regard, de leur diversité structurelle (en bibliothèque, au sein de centre d’art ou culturel, dans des établissements scolaires…) il est difficile d’avoir une politique commune. Toutes se retrouvent dans l’achat d’œuvres multiples et de prêt au public, mais la structure de l’équipement, les modalités d’achats et le public visé diffèrent d’un lieu à un autre.

PISTE PÉDAGOGIQUE : Faire venir une œuvre à l’école !
Construisez un rapport direct à l’art en inscrivant votre classe à une artothèque. Les élèves pourront choisir les œuvres dans sa collection et travailler l’histoire de l’art avec une approche direct au monde artistique.

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